mercredi 3 janvier 2018

Quand Noël était encore magique chez Disney...

Quand j'étais jeune, Noël était souvent synonyme de Disney. Il y avait comme des effluves de magie qui hélas aujourd'hui, n'ont plus le même pouvoir. Même Disney a vendu son âme... Mais en 1973, le 27e long métrage d'animation sort. "Robin des Bois" s'inspire de la légende mais aussi du Roman de Renart, un recueil de récits médiévaux français.

Walt Disney World en Floride ouvre ses portes en 1971 et si vous vouliez visiter douze attractions, le prix de l'admission en 1973 était de 6,75 $ pour un adulte, 6,25 $ pour un jeune entre 12 et 17 ans et de 5,75 $ pour un enfant de 3 à 11 ans. Disneyland en Californie est ouvert depuis dix-ans déjà. 

Deux albums relatifs aux deux parcs sortent notamment cette année-là. Et il arrive qu'on tombe sur des copies, y compris sous nos cieux. Ce superbe picture-disc - "A Musical Souvenir Of Walt Disney World's Magic Kingdom" - a été pressé tout spécialement pour les visiteurs du parc de Floride, en 1973, à seulement 5000 exemplaires. 

Je suis par bonheur tombée sur une copie en excellent état. On y retrouve les mélodies d'ambiance de Main Street, interprétées entre autres par The Walt Disney World Band, The Fife and Drum Corps ou encore The Dapper Dans, un quatuor de style barbershop.



L'autre 33 tours est, en réalité, une réédition d'un disque sorti initialement en 1958. Ce LP met en scène deux enfants qui s'appellent John et Jane embarqués dans une aventure à travers le parc à l'aube de l'an neuf.  


samedi 16 décembre 2017

Le Christmas des enfants sages de Harper's Young People

Un intrus de bon matin - "Mieux que des noix de coco"
Quoi de plus exquis que de flâner sur le fil du temps... Faute de pouvoir me permettre un voyage aux confins de la planète pour Noël, je plonge le regard dans un très vieil album pour enfants et le dépaysement immobile est garanti. L'errance dans le passé, au-delà des frontières de l'imagination ne coûte rien et peut vous emporter loin, très loin. J'adore lire le courrier des jeunes lecteurs de "Harper's Young People". C'est d'autant plus savoureux qu'on n'écrit plus ainsi de nos jours. Dire que tous ces enfants ont existé, respiré, souri, joué et sont morts aujourd'hui... C'est un peu comme si de gracieux fantômes avaient laissé d'improbables traces de parfum vaporeux. Et qui plus est, les illustrations sont à croquer.

"J'aimerais savoir qui a mis cette vieille chaussure dans ma chaussette"
Harper's Young People est une revue américaine pour les enfants, publiée entre 1879 et 1899. C'était un hebdomadaire riche de 16 pages et qui ciblait plus particulièrement les garçons et les filles entre 6 et 16 ans. 

Dans l'édition du 22 janvier 1887, j'ai épinglé la lettre de Garfield M., un petit garçon du Minnesota qui écrit à St. Nicholas. On remarquera que le petit n'a pas sa langue en poche et qu'on a plutôt les moyens chez les lecteurs de Harper's Young People.

"Comment peut-il fourrer une bicyclette, une luge et une paire de patins dans ça?"
"Cher Santa Claus, J'habite avec mes chers tante et oncle à la première Ferme Hôpital du Minnesota. Mon oncle est en charge de la ferme. Nous visons dans un beau cottage, à une courte distance de l'hôpital principal qui se situe au sud. En toit, il y a trois grands hôpitaux pour les malades mentaux, dans le même parc. J'ai vécu là-bas toute ma vie, et j'ai maintenant 6 ans. Je n'ai jamais été à l'école. Ma tantine m'enseigne à la maison chaque jour. J'étudie la lecture, l'écriture, l'orthographe, l'histoire, l'arithmétique, le dessin, etc. Ce dernier Noël, j'ai reçu beaucoup de beaux cadeaux, et un que j'apprécie chaque semaine. Je vous dirai ce que je veux pour Noël : Harper's Young People cette fois encore, et aussi une boîte de peinture, des voitures en fer, une luge qu'on tire à la main, et une nouvelle paire de bretelles. Tu m'as envoyé beaucoup de beaux livres ; j'en aimerais davantage. J'aimerais aussi une brouette et une grande ardoise (NDLR on écrivait jadis à la craie sur des ardoises).  Je suis heureux de t'apprendre que nous avons eu une énorme tempête de neige, et que ton renne aura beaucoup de plaisir à galoper sur la neige glacée. J'ai deux beaux veaux jumeaux. Au revoir, Santa Claus."

jeudi 7 décembre 2017

"Poils et plumes" sous la plume de Benjamin Rabier

Lorsque j'aperçois un livre illustré par Benjamin Rabier, en général, je craque. Surtout s'il est vendu à un prix doux... et même si son état n'est pas des meilleurs. Celui-ci s'appelle simplement "Poils et plumes", un conte de Marie Somville publié fin des années 30 aux Editions Desoer de Liège.

Rabier, c'est l'artiste qui a influencé de nombreux auteurs de bandes dessinées et Hergé, en premier lieu. Rabier fait résolument partie de mon enfance. La vache qui rit, c'est lui. Bovin hilare qu'on retrouve encore dans ce livre illustré, aux côtés d'une panoplie d'animaux. Il est d'ailleurs tenu pour l'un des dessinateurs animaliers européens majeurs. 

Benjamin Rabier - PortraitNé le 30 décembre 1864 à Roche-Sur-Yon, le jeune garçon marque un talent indéniable dès son plus âge mais cette passion ne doit pas entraver une carrière. Pas plus que des études qu'il interrompt du reste pour travailler. Il débute en tant que comptable au Bon Marché à Paris. Grâce au caricaturiste Caran d'Ache, ses illustrations vont peu à peu apparaître dans diverses revues françaises. Très rapidement, son travail sera respecté et adulé. C'est un workaholic avant la lettre. Parallèlement à sa fonction de sous-inspecteur aux Halles, il poursuit sa carrière d'artiste (illustrateur mais aussi créateur de pièces de théâtre ainsi que de dessins animés) et finit par souffrir d'un mal moderne, le burn-out. Raison pour laquelle il abandonne son poste aux Halles en 1910. 

Son personnage fétiche, c'est Gédéon le canard (dont je parlerai une autre fois). En 1927, il invente le personnage de la Vache qui rit pour une célèbre marque de fromage fondu. Son créateur Léon Bel fait appel à Benjamin Rabier qui, sur suggestion de sa femme, va lui donner des boucles d'oreille, histoire de féminiser la bête à cornes.

Auteur belge pour les enfants, Marie Somville a rassemblé dans "Poils et plumes", des petites histoires mettant en scène des animaux. Ce ne sont pas des contes, affirme-t-elle. "Il n'en est pas une qui ne soit véridique et racontée fidèlement sans la moindre broderie ; j'ai été témoin de la plupart de ces faits (...)"  

mercredi 22 novembre 2017

Fillettes, petits mâles et moutons...!

En chinant, j'ai trouvé un bouquin oublié et vraisemblablement rare, à un prix raisonnable et en parfait état, qui plus est. Et il était dédicacé à un confrère. Edité en 1906, cet ouvrage du Dr Toulouse - "Les leçons de la vie" - est davantage une étude sociale qu'un livre de médecine. 

Et pour cause. Ce Marseillais né en 1865, est devenu médecin avec une thèse sur la mélancolie. Il était psychiatre et également journaliste. En 1901, il ouvre un laboratoire de psychologie expérimentale à Villejuif.  C'est lui qui imaginera le comité d'hygiène mentale (aujourd'hui, Ligue française pour la Santé mentale) dont le but était d'améliorer les conditions de traitements des malades mentaux. Anecdote particulièrement intéressante à son sujet : Emile Zola a consenti à devenir un sujet d'étude du jeune Edouard Toulouse sur les rapports entre génie et folie. 

Dr Edouard Toulouse
L'ouvrage "Les leçons de la vie" est plus léger. Le médecin livre une série de conseils en matière d'hygiène, fruit de toute une série d'observations qu'il a faites. Cela peut sembler futile à l'heure actuelle et pourtant, ça nous en dit un bout sur la mentalité de l'époque. 

La propreté est un sujet brûlant à l'époque. L'apparence extérieure prime sur la réelle hygiène. Il écrit (notez les détails sur les différences sociales et les clichés) : "De même, une dame n;accepterait pas sur son lit - même pour quelques instants - le manteau de son ouvrière. Mais au retour d'une course dans un fiacre ou en wagon, après s'être frottée contre des coussins salis par mille contacts, sa jaquette lui paraît tout aussi propre et inviolée qu'auparavant, - parce que les souillures invisibles et auxquelles elle n'a pas songé n'ont pas compromis l'aspect esthétique du vêtement." (...) "personne ne se préoccupe de l'origine des aliments. Qu'importe si le pain est imbu de la sueur de celui qui l'a porté à la main,si les fruits ont été cueillis par des enfants aux mains sales, si la poussière de la rue, chargée de crottin et de détritus de rtoutes sortes, a saupoudré la viande, les légumes et les desserts exposés aux étalages des commerçants ; tant pis si les assiettes et les verres ont été rincés à la cuisine dans des eaux bourbeuses de crasse."

Le livre était dédicacé à un confrère
Et en parlant de rang social, le scientifique en parle dans un chapitre, divisant la société en trois ordres : l'ouvrier, l'employé et l'homme des professions libérales. L'image qu'il utilise pour justifier son propos est pour le moins scabreuse mais c'est révélateur d'une époque et je me demande sincèrement si certains ne le pensent toujours pas aujourd'hui. "Le parcage est toujours très serré ; les moutons d'un enclos ne peuvent, sauf circonstances exceptionnelles, passer dans l'enclos supérieur." Toulouse vise toutefois une certaine forme d'égalité sociale sans pour autant être révolutionnaire : "Pour que la démocratie ne soit pas contraire au progrès de la civilisation, il faut établir l'égalité en relevant le niveau le plus bas ...)."

Cet ouvrage fourmille de réflexions intéressantes sur divers sujets de société, qui nous apprennent énormément sur la pensée du début du XXe siècle. J'ai beaucoup ri lorsque j'ai lu l'opinion du docteur sur la "co-éducation", à savoir la mixité scolaire (entendez bien sûr garçons/filles). Le scientifique n'y est pas trop favorable car, s'explique-t-il, "les enfants sont immoraux ; et, quand ils sont très jeunes, on peut même dire qu'ils sont amoraux". L'enfant aurait donc une moralité très faible et tout particulièrement en matière sexuelle. Une difficulté vient s'y ajouter selon lui : l'absence de justice pour les plus jeunes. Cette phrase vaut son pesant de cacahuètes : "Qu'adviendra-t-il des fillettes, plus mal défendues, quand elles seront en contact avec les petits mâles cyniques et irresponsables ?"

jeudi 9 novembre 2017

Cloclo et Petula main dans la main

Claude François et Petula Clark partageaient une amitié profonde. C'est grâce à elle qu'il découvre l'Angleterre. Lui qui rêve de fouler les scènes d'Outre Manche... Dans les années 60, il veut enregistrer ses disques là-bas parce qu'il sait que les meilleurs musiciens s'y trouvent. Il enregistrera d'ailleurs à Londres, sous la direction musicale de Les Reed, comme l'épingle Fabien Lecoeuvre dans "Le petit Lecoeuvre illustré : dictionnaire. Histoire des chansons de A à Z". Avec Petula, il découvre le quartier des antiquaires à Covent Garden et les bonnes tables aussi. Petula est présente au début de sa carrière et elle le sera jusqu'à la fin, comme l'écrit Bertrand Tessier dans son livre "La dernière nuit de Claude François"

Cette image est extraite du magazine belge "Le Patriote Illustré" dans son édition du 24 septembre 1967. L'article de Jacques Mercier s'attache à décrire un marché du disque en crise... déjà. Cloclo et Petula Clark se promènent main dans la main à Londres. Comme un goût sucré de nostalgie...