dimanche 27 mai 2012

Femme des années 50 et 60 : sois belle et au service de Sa Majesté ton Mari

L'émancipation de la femme date d'hier. Ou presque. La société a évolué, les mentalités ont progressé mais aujourd'hui, la femme a souvent peine à se hisser dans la plupart des sphères viriles. Les grosses fortunes sont souvent entre les mains des hommes, la majorité des PDG à la tête des grandes entreprises sont masculins, les salaires les plus coquets sont généralement réservés aux hommes, et le pouvoir est traditionnellement dévolu aux... mâles...

Bien sûr. Le monde a changé. Surtout lorsqu'on feuillette les magazines d'antan.
Alors que les années 60 assistaient à l'installation tapageuse du féminisme dans toutes les strates de la société, Les revues et les réclames tenaient un tout autre langage. Le décalage entre les idées nouvelles et l'indécrottable phallocratie était patent. Toutes les femmes n'étaient pas féministes. Loin s'en faut. 

La présence féminine semblait parer la maison d'effluves rassurantes, comme le fumet pénétrant d'une potage aux légumes frais ou les bouffées de vapeur s'étirant au-dessus des chemises blanches pressées par le fer à repasser.

L'hebdomadaire "Bonnes Soirées" du 22 décembre 1957 (édité par la maison Dupuis) est fourré d'allusions et d'évidences qui ont maintenant des reflets naïfs et antédiluviens.
Utile ou futile

Femme d'intérieur exemplaire, elle se soucie avant tout de la blancheur de la chemise de Sa Majesté son Mari. Elle connaît exactement la température du fer selon les tissus. Et pourtant, on la devine enfantine, gorgée de candeur, un peu bécasse aussi sous l'effet du machisme ambiant.
Les gags valent bien les plaisanteries graveleuses qu'on entend encore dans certains milieux. Oh le gag n'est pas vraiment méchant et se veut taquin mais la mysogynie éclot où la terre a été remuée.
Et puis, on le sait bien, les filles ont la tête bourrée de tellement de futilités qu'elles sont à peine capables de réaliser des tâches intellectuelles. "Bonnes Soirées" fournit quelques conseils avisés aux jeunes filles évaporées. "Un peu d'attention, s.v.p.!"
La bande dessinée signée Martial, "Sylvie" diffuse le même esprit. Sylvie se prépare à rendre visite aux parents de son mari Guy. Mais elle est un peu étourdie, un peu maladroite : sa langue réagit plus vite que son cerveau... Chez ses beaux-parents, Sylvie ne tarit pas d'éloges pour son époux mais ce faisant, elle commet bien entendu LA bévue... et malgré elle, contraint Guy à passer le tablier de cuisine pour démontrer ses supposés talents de cuisinier. "Toi, je te retiens avec tes compliments", grogne Guy. Qui a dit "sois belle et tais-toi!" ? ©

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