samedi 19 août 2017

Le disque en crise au milieu des années 60

C'est drôlement intéressant de feuilleter les vieux magazines. Dans l'hebdomadaire catholique, "Le Patriote Illustré" du 24 septembre 1967, j'ai lu un article signé Jacques Mercier, sur le marché du disque. A l'heure où le vinyle refait surface sur les platines, j'ai été étonnée d'apprendre qu'en 1967, le disque se vendait moins bien. Pour expliquer cette crise, le journaliste avançait l'argument de la surproduction.

Depuis la moitié des années 60, on vend moins de disques. Le déclin est significatif puisqu'on parle de 40% de ventes en moins, écrit-il. Et pourtant, les célébrités de la chanson poursuivent leur ascension, comme Richard Anthony ("J'entends siffler le train" écoulé à un million d'exemplaires) ou Gilbert Bécaud ("Et maintenant") qui dans toutes ses déclinaisons, s'est vendu à deux millions d'exemplaires). A l'époque, il paraît que l'EP, à savoir les 45 tours comportant quatre titres, a impacté la vente des 45 tours traditionnels. Avec l'EP, les producteurs proposaient généralement un morceau accrocheur et trois titres de moindre qualité. Le souci, c'est que l'EP coûte cher que beaucoup n'en achètent pas pour cette raison.

Un autre argument invoqué est que les passages trop fréquents en radio nuisent à la vente des vinyles. Entendre constamment un tube sur les ondes, découragerait l'acquisition d'un disque. Cela aurait aussi un effet néfaste sur les tournées. Seuls les vedettes drainent encore les foules. Pour les autres, le public devient plus confidentiel. Enfin, Jacques Mercier pointe un doigt accusateur vers la musique anglo-saxonne qui réalise 50% des ventes en Belgique, en 1967.


Introduite en 1963 par Philips, la minicassette (ou musicassette) commence à percer sur le marché de la musique. Si les ventes sur ce support n'ont jamais vraiment décollé, la cassette audio redevient tendance. Elle avait été détrônée par le CD mais aujourd'hui, les ventes de cassettes auraient augmenté de 74% aux Etats-Unis, selon le cabinet Nielsen. Un phénomène de mode qui demeure malgré tout très modeste et qui serait dû aux "Gardiens de la galaxie" et à son "Awesome Mix", en 2014.  

Revenons à la conclusion de Jacques Mercier en 1967 : "La crise vient tout simplement d'une surproduction. Il faut attendre le tassement, l'équilibre, la disparition des "fausses idoles". Eh bien, mon bon Jacques, on n'est vraiment pas sorti de l'auberge.

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